
En ce début d’année scolaire de nombreux parents d’élèves ainsi que les élus des communes manifestent contre la fermeture de classes dans leur école. Pourtant si vous avez bien lu le dernier article sur le budget de l’état il s’agit là d’une conséquence directe de la volonté de l’état de réduire sa dette. Pour la réduire la suppression de postes d’enseignants est un bon moyen.
La suppression de 3256 postes de prof a effectivement deux conséquences. Cette suppression permet de réduire la dette de quelques millions d’euros et même si cela paraît dérisoire par rapport à une dette de plus de trois milles milliards d’euros on peut dire que ce n’est pas la seule mesure et que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.
On aurait pu aussi choisir de réduire d’autres dépenses comme les dépenses militaires ou celles de la justice mais comme nous l’avons dit le choix n’est pas simple à faire. Elle implique aussi la fermeture de classes en partant d’un nombre minimum d’élèves par classe que l’on peut toujours juger trop haut.
Les communes rurales qui ont investi de l’argent dans leur école et qui savent très bien que l’école est le principal lieu de vie de leur village sont particulièrement touchées ainsi que les parents qui ont fait le choix de faire vivre cette école.
On peut toujours discuter du nombre d’élèves minimum requis et considérer que rien n’est trop beau pour l’éducation de nos enfants. Cependant si les français n’acceptent pas d’augmentation de leurs impôts et s’ils considèrent que l’on est trop endetté, il s’agit là d’un moyen sûr de réduire de la dette de l’Etat en étant de plus assez objectif. S’il y a moins d’enfants, ce qui est le cas puisque les français font de moins en moins d’enfants, il faut bien optimiser les dépenses de l’Etat pour l’éducation nationale. Ce n’est évidemment pas le cas dans tous les territoires et notamment dans certains quartiers urbains peuplés par des populations qui ont de nombreux enfants. C’est par contre le cas dans les territoires ruraux vieillissants mais où la population de jeunes qui viennent s’y installer n’ont pas d’enfant ou en ont un seul. On ne peut donc avoir d’un côté des classes surchargées et de l’autre des classes avec des effectifs faibles.
La marge de manœuvre des élus, des communes touchées par ces fermetures, et des parents d’élève est donc très faible. Le nombre d’enfants accueillis par leur école diminue inévitablement. Pour réagir ils devraient jouer sur le peuplement autrement dit inciter des familles à venir s’installer chez eux dans des lotissements, sur des terrains viabilisés restants ou rachetant des logements laissés libre.
Or, depuis la loi ALUR de 2014 la construction de lotissements est devenue de plus en plus difficile. Par contre la construction de logements sociaux pour des parents qui ont souvent beaucoup d’enfants semble être une bonne chose pour l’école de la commune. Ils ne peuvent pas obliger leurs administrés à changer leur comportement en matière de mobilité. Comme ils ne travaillent pas dans la commune ou que la nounou de leur enfant n’y habite pas non plus, ils vont devoir déposer leur enfant dans l’école qui se situe à proximité de leur travail ou laisser la nounou mettre leurs enfants dans l’école où elle-même met probablement les siens.
Laisser un commentaire