Merci Madame la Députée d’avoir ouvert le débat sur la défense de la qualité de vie dans nos quartiers et de nous permettre de nous aussi pouvoir vivre un certain conservatisme urbain. Grâce à vous les habitants pourront afficher leur volonté de protéger leur quartier contre la présence de populations qu’ils jugent indésirables pour y maintenir une certaine qualité de vie. Il n’y a donc plus de mixité sociale possible. L’affaire récente du 6ème arrondissement de Paris nous permet de comprendre que ce conservatisme dépasse les clivages politiques quand il s’agit de son intérêt personnel. Il touche aussi bien des personnes jugées comme étant de droite et conservateur que des personnes dites de gauche qui se veulent humanistes mais qui interdisent donc à d’autres d’avoir le même comportement. Dit de manière plus triviale : « c’est bon pour moi mais pas pour vous ! » mais je ne suis pas conservateur.
A propos du Conservatisme urbain
Les propos tenus par Cécile Hervieu, députée du nouveau front populaire, concernant l’installation d’un supermarché dans son quartier du 6ème arrondissement nous permettent d’évoquer la question du conservatisme urbain et ses conséquences pour la démocratie. On peut admettre qu’il soit inapproprié de mettre en place un nouveau commerce de ce type dans un quartier où il y en a déjà plusieurs. On comprend dès lors pourquoi elle parle de marche forcée sans doute par référence au capitalisme commercial des grandes enseignes. On ne comprend pas par contre sa volonté de conserver une qualité de vie, d’éviter les différents désagréments qui en découleraient pour la population actuelle qui fait partie des catégories sociales les plus élevée de notre société.
En évoquant cela elle tient des propos qui font penser au conservatisme urbain autrement dit à une volonté de repli sur soi, de non ouverture à l’autre, à une démarche de l’entre-soi qui intervient dans la façon de vivre la ville. La question du vivre ensemble est donc bien posée par le conservatisme urbain. Ce qui est original dans cet exemple est que celui-ci dépasse toutes les convictions politiques de ceux qui ont signé la pétition contre l’installation du supermarché. Une partie d’entre eux, qui ne cachent sans doute pas leurs opinions sur le devenir du quartier, seront qualifiés de conservateurs sur le plan politique. Ils défendent une certaine idée de la famille, de la France et des migrations mais aussi de la vie dans les beaux quartiers puisqu’ils ont la chance d’y habiter et pensent sans doute qu’ils le méritent compte tenu de leurs compétences ou de leurs responsabilités. Ils ne sont en principe, selon le stéréotype, ni humaniste ni écologique et appartiennent sans doute à la fachosphère qu’a évoqué Cécile Hervieu pour dénoncer la manipulation de ses propos. On retrouve là le mécanisme classique de la dissonance cognitive mis en évidence par les psychologues. Une dissonance cognitive intervient quand une personne sait plus ou moins que sa façon d’habiter ne correspond pas à ses idéaux humanistes et de mixité sociale aussi quand quelqu’un met en évidence un élément d’incohérence dans son attitude elle réagit en le traitant de fascho. Elle rejette en fait la faute sur eux dans un déni de responsabilité alors qu’elle habite avec eux et fait les mêmes choix en matière de conservatisme urbain.
Le problème est qu’elle utilise les mêmes propos et défend le même type d’habitat et de vivre ensemble que les conservateurs. Alors s’agit-il d’un crime de lèse-majesté que de montrer que l’opposition entre conservatisme et progressisme n’est qu’un artifice politique pour défendre en fait les intérêts de ceux qui dirigent et ont le pouvoir. On ne peut s’empêcher de penser à la gauche caviar bien sûr et au « nimbisme » que cela suppose de ceux qui défendent une certaine idée du vivre ensemble. Le terme de nimbisme vient de l’expression anglaise « not in my back yard » autrement dit je suis pour mais pas derrière chez-moi parce que je ne veux pas en subir les conséquences. On comprend dès lors le malaise de madame la députée pris en flagrant délit de conservatisme urbain. On comprend aussi la réaction totalitariste qu’elle a eu en traitant de fascho tous ceux qui vont mettre en évidence le fait qu’elle n’est pas la femme nouvelle prête à vivre avec tous ses congénères. En cela elle a une réaction totalitariste. Mon Beau-père qui a rencontré le général De Gaulle et connaissait des élus progressistes m’a raconté comment certains élus laissaient leurs grosses voitures et retroussaient leur chemise pour venir parler au peuple qui les attendait un peu plus loin.
Je terminerai sur une note positive en remerciant madame la députée d’avoir permis à un plus grand nombre de comprendre que l’opposition entre droite et gauche ou entre conservateurs et progressistes est toute relative. Certains français moins fortunés et ne résident pas dans un quartier aussi privilégié aimeraient bien eux-aussi garder une certaine qualité de vie. Ils ne devront plus être traités de fascho ou de conservateur simplement parce qu’ils défendent eux aussi ce droit. Cette opposition doit donc être dépassée si l’on veut faire progresser la démocratie et améliorer le vivre ensemble en évitant qu’il y ait d’un côté des ghettos pour riches et de l’autre des ghettos pour les plus défavorisés. On évitera sans doute en même temps les zones de non droit et l’on pourra aborder plus sainement les problèmes écologiques ou l’immigration en ne refusant pas de réfléchir à la construction de ce que pourrait être notre société de demain respectant les uns et les autres.
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